SOTR@VER.com
Billet d'humeur (Avril 2011)

7 ANS DE BONHEUR ?????

La surcharge énergétique, encore appelée surcharge Energie ou surcoût énergétique additionnel, autant de variations sémantiques destinées à accréditer la thèse selon laquelle toute collusion des floatiers en la matière ne serait que purement fortuite, est entrée dans sa septième année.

La petite va bien ! Merci ! Conçue avec attention, elle a pu bénéficier d’une croissance rapide, et nous n’avons pas tout vu. Ses parents fondent sur elle de grands espoirs.

Tous les producteurs de verres l’ont adoptée en cœur au mois de Novembre 2004. Là encore n’y voyez aucune manœuvre anti concurrentielle. C’est seulement la démonstration que si les grands esprits se rencontrent, les petits aussi !

On nous l’a assez répété : cette surcharge est incontournable pour tenir compte de l’évolution du coût de l’énergie. D’ailleurs on se demande comment font pour s’en sortir nos fournisseurs de colles, de tamis, d’intercalaires, de PVB qui dépensent aussi de l’énergie pour fabriquer leurs produits dont certains sont en outre des dérivés pétroliers. Ces pauvres gens continuent à nous proposer un tarif annuel pour la fourniture de leurs marchandises. J’en tremble d’effroi pour eux !!

Les producteurs de verre eux ont tout compris ! Ils nous disent, de façon fort avisée, que lorsque nous allons à la pompe nous acceptons de payer le carburant plus cher. Les esprits chagrins diront que, d’une part, comme pour la SE nous n’avons pas le choix, mais surtout que, si le super sans plomb était facturé 1,60€ le litre + 0,140€ le kg, çà coincerait aux caisses.
Ne soyons pas mesquins et voyons les avantages. Et ils sont nombreux !

Par exemple, chaque année au moment du bilan, votre comptable peut ranger ses Sudokus. Le « stock nouveau » est arrivé !!  Que de délicieux moments en perspective, avec des niveaux de difficultés différents selon que vous ayez opté pour la doctrine CMP (coût moyen permanent), CUMP (coût unitaire moyen pondéré), DEPS (dernier entré- premier sorti) ou PEPS (premier entré- premier sorti)…un régal !
Seul petit souci : convaincre votre Commissaire aux comptes, dont le trait de caractère dominant n’est pas le sens de l’humour, qu’il ne s’agit que d’un jeu dans lequel on peut se tromper.
Qu’à cela ne tienne ! Les contribuables exemplaires que nous sommes diront qu’ils laissent ainsi un os à ronger aux inspecteurs du fisc. Il faut bien que tout le monde s’amuse.

Mais il n’y a pas que les comptables qui ont le droit de jouer ! Les services commerciaux aussi !

Finie la routine des devis quand nous avions nos prix de revient gravés en mémoire ! Maintenant c’est le happening permanent !!
Surtout pour les pauvres imbéciles comme SOTRAVER qui ont choisi de ne pas répercuter la SE à leurs clients et qui doivent la convertir en coût au m² pour avoir un prix de revient qui veut dire quelque chose.
Là on frôle l’extase ! Si on considère que nous subissons en moyenne par trimestre une hausse de prix d’environ 15% suivie de trois baisses de 5%, que nous ajoutons à cela quatre variations annuelles de la SE, on obtient 20 changements de prix du verre dans l’année.

Voilà de quoi occuper aussi nos acheteurs, car pour corser le plaisir, la surcharge n’est pas appliquée partout de la même manière. Ainsi, au jeu « Etes-vous sûr d’avoir acheté au moins cher ? », le responsable des achats s’éclate sur son tableau Exel. Quel pied (de facture, bien entendu) !!

On ne s’ennuie pas dans le métier, mais la SE n’est-elle pas au fond la Surcharge d’Energie à produire pour gérer ce bazar.

Plus sérieusement, la SE aurait un sens si le prix du verre était stable sur des périodes au moins annuelles. Comme il n’en est rien et loin s’en faut, l’argument principal des producteurs de verre est aussi crédible que la fibre socialiste de DSK.

Alors, on nous assène l’argument final, la sentence sans appel, le jugement dernier :
et si la surcharge disparaissait demain ?
Certains nous promettent le chaos, quelque chose entre Fukushima et un week-end chez les beaux-parents. C’est à se demander s’il y avait une vie avant la SE.
Un peu de sérieux, ce n’est pas le premier choc pétrolier et j’espère, pour la santé mentale de ceux qui n’hésitent pas à étaler ces non-sens sur leur site, qu’ils n’y croient pas eux-mêmes et que leur but n’est autre que d’intoxiquer leurs victimes.

Car alors, tant mieux pour eux, çà marche !!

En effet les transformateurs sont otages de la SE depuis 2004, et certains d’entre eux ont développé le syndrome de Stockholm et repris à leur compte les thèses des initiateurs de la SE.
Pire ! Ils l’infligent à leur tour à leurs clients. Cet état de dépendance psychologique est tout à fait intéressant, il mériterait que j’y consacre une chronique un de ces jours.

Mais revenons à nos moutons (oui, j’ai osé le faire), il n’y a qu’un aspect des choses sur lequel personne ne s’étend et moi-même je ne ferai que l’évoquer car je n’ai pas la compétence pour en juger : c’est la compatibilité de ce petit bricolage avec le Code de Commerce et la réglementation sur la Concurrence.

Rassurez-vous ! En ce moment même, certains s’en occupent. Ces gens-là travaillent très lentement et personne ne sait ce qu’il en sortira. Mais attention au jour où cela vient à tomber car ils ne savent parler qu’en Millions d’Euros.

« Dans le doute, abstiens-toi ! » dit l’adage. C’est donc ce qu’a fait SOTRAVER.

En outre, l’estime que je porte à mes clients me rend insupportable l’idée qu’ils puissent me juger comme je juge moi-même les chantres de la surcharge énergétique.

Voilà, c’est dit ! Si je n’ai plus de verre la semaine prochaine, vous saurez pourquoi.

D’un autre côté, je ne voudrais pas que l’on maintienne la SE juste pour lire les conneries que j’écrirais la prochaine fois…stop !je crois que je deviens mégalo.

Très chers producteurs de verre, je vous en prie, prêtez une oreille bienveillante aux voix émanant de toutes parts qui vous conjurent d’abolir cette « taxe » inique. Si vous le faites vous passerez pour des libérateurs et je m’engage ici même à tresser des louanges dithyrambiques au premier qui le fera.

Ne restez pas sourds à l’appel des masses. Plus personne n’en veut, il est temps d’y mettre fin.
Si vous ne le faites pas, il vous faudra compter SUR la CHARGE des opprimés n’ayant plus que l’ENERGIE du désespoir.
Ne soyez pas les GBAGBO du verre, les MOUBARAK du float, les KADHAFI du vitrage.
   
                                                            Jean-François Sans, porte-parole de la BASE*

* Brigade Anti Surcharge Energie