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Billet d'humeur (Avril 2006)


LETTRE OUVERTE À MES CONFRERES

Le printemps est de retour, et les couleurs avec lui.  De fait, on assiste à une forte demande sur les produits colorés, et ce, d’autant plus que des possibilités sans cesse étendues sont offertes  à nos clients.

Des tendances se dessinent pourtant. Chez certains de nos amis producteurs de verre plat (et parfois confrères), il semble que la mode soit résolument au
jaune. Souhaitons qu’ils ne soient pas trop bridés par ce changement.
Quoiqu’il en soit, il semble que les leaders industriels de Soleil Levant soient peu enclins à venir jouer les PMI au soleil couchant.

Ce ne sont pas des
bleus et ils savent que leurs actionnaires n’aiment pas voir les comptes dans le rouge.

L’engagement des producteurs de verre dans la transformation a abouti à une situation de déséquilibre entre les partenaires économiques qui nous a fait tous
marrons.

Même nos clients qui ont pu jusqu’ici profiter de cette situation, n’ont pas intérêt à voir leurs fournisseurs dangereusement affaiblis.

Le mouvement qui se dessine est porteur d’espoir pour chacun, mais de là à dire que nous allons bientôt voir la vie en
rose, il y a un fossé.

Certes, un marché dans lequel les activités des différents acteurs sont organisées de telle façon que la concurrence puisse s’exercer normalement sans interférences doit conduire à une vérité des prix actuellement absente.

Mais il ne faut pas s’imaginer que ceux des manufacturiers qui ont amorcés un désengagement notamment dans la fabrication du vitrage isolant vont nous signer un chèque en
blanc.

La reprise en main du marché de la transformation par les indépendants  ne pourra se confirmer que si nous offrons une alternative crédible à nos partenaires producteurs de verre ; d’une part, en raison du volet social que comporte inévitablement toute restructuration et d’autre part pour que leurs intérêts économiques soient préservés.

En ce qui concerne le premier point, un constat s’impose. Notre marché connaît une croissance qui, pour ne pas être exponentielle, n’en est pas moins réelle. De ce fait il n’y a aucune raison pour que son nécessaire assainissement  passe par la fermeture de sites de production. En clair il faut que les indépendants se portent acquéreurs des unités dont certains groupes voudraient se retirer.

Pour ce qui est du second, il faut que nous assurions un débouché d’avenir à l’ensemble de la production industrielle de verre plat ; non seulement des produits de base mais aussi des produits spéciaux et innovants. Les groupes dépensent des sommes hors de notre portée pour la recherche et le développement, nous devons jouer le jeu et nous engager dans leur prolongement pour diffuser mieux ces produits. Si les producteurs sont venus faire notre métier, c’est peut-être aussi parce que nous n’avons pas su l’exercer correctement et occuper totalement la place qui nous était dévolue.

Les années
noires feront-elles partie du passé ?  Cela dépendra de nous.

Certes les interrogations sur l’acceptabilité des défauts ou le traitement des agrées  ont leur importance. Mais nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion sur l’avenir de nos métiers.

Je sais que certains seront
verts à la lecture de ces lignes, mais je sais aussi que, comme moi,  beaucoup sentent plus ou moins confusément que nous sommes en train de vivre une période charnière et qu’il nous faut saisir les opportunités.

Faisons qu’en ce mois de Pâques, nous ne soyons pas les Cloches.

Jean-François Sans