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Billet d'humeur (Janvier 2009)

Bonne Année à tous, qu’elle vous apporte santé, bonheur et prospérité.

Voilà ce qu’il est convenu de souhaiter en cette période de vœu, et d’ajouter « surtout la santé », oui, parce que pour le reste…çà commence super !!!

Sur fond de récession économique mondiale, la guerre a repris au Moyen-orient, la terre tremble au Costa-Rica, le choléra fait des ravages en Irak, on crève de faim par milliers au nord-Kivu (Congo), et, pire encore, on apprend que les français ne croient plus au Père Noël.

Comment une telle tragédie a t’elle pu arriver ? Sûrement par la faute des médias.

Heureusement certains conservent leur lucidité et se préoccupent des vrais problèmes. Ainsi l’ancien député britannique Matthew Parris vient de lancer sur internet une enquête sur l’affaire qui devrait changer la face du monde : Tintin était-il homosexuel ? Avec 526.000 réponses à une requête sur ce thème, on constate que c’est vraiment le sujet du moment sur notre planète.
Suivant ce brillant exemple de clairvoyance, nos concitoyens ont décidés de s’interroger  sur la politique de leur pays en posant les vraies questions. On s’en tape de la réforme de l’éducation, de la suppression des juges d’instruction, de la LME ; ce qui est important c’est de savoir qui est le père de Zohra DATI.

Posez-vous les bonnes questions et vous aurez les bonnes réponses. C’est sans doute ce qu’à fait Bernard MADOFF lorsqu’il a créé sa première affaire à 22ans avec 5000 dollars en poche. Comme point d’orgue de sa magnifique carrière, il réussit à étouffer 53 milliards de dollars aux plus gros investisseurs parmi lesquels la plupart des banques mondiales. C’est pas beau çà ? Ne cherchez pas à imaginer ce que cela représente comme pognon, on ne tire pas dans la même catégorie.
Eh bien, pour l’instant, Monsieur MADOFF est libre, jouit de ses nombreuses propriétés (celles situées aux USA, car on s’est permis de lui retirer son passeport) et a passé les fêtes avec caviar à la louche et champagnes millésimés. Ne vit on pas une époque formidable ?

Voilà de quoi redonner espoir à tous ceux qui sombraient dans la morosité. Les premiers qui l’ont compris semblent justement être nos amis banquiers.
Alors que l’écureuil avait perdu ses noisettes, que le bon sens était parti loin de chez vous, et qu’un autre n’était pas impopulaire sans raison, voilà qu’ils relèvent tous la tête.
Elle est loin l’évocation des millions perdus et de leur dramatique incompétence. Avec votre argent, ils font assauts répétés de spots publicitaires vantant les mérites qu’ils n’ont pas.
C’est désormais droit dans les yeux qu’ils vous informent qu’ils ne pourront honorer le chèque de votre loyer car votre compte est en découvert de 90 Euros.
Tous les grands sportifs rêvent d’une telle capacité de récupération.
Inutile de leur expliquer pourquoi votre projet tient la route, tout ce qui les intéresse c’est d’avoir des garanties qu’ils récupèreront leur blé quand vous vous serez cassé la gueule et dans l’intervalle vous en piquer le plus possible en intérêts, agios, commissions diverses et frais de dossiers.
Leur nouveau credo : « Prends l’oseille et tires-toi»

Nous autres entrepreneurs devons en prendre de la graine. Certes, le Gouvernement ne nous a pas alloué d’argent, mais il nous a donné la Loi de Modernisation de l’Economie.
Oh !! N’attendez pas un bouleversement du contexte légal de votre entreprise.
Sous ce titre ambitieux vous trouverez essentiellement des mesures relatives à la simplification du statut des très petites entreprises, à la réglementation des règles de concurrence dans la grande distribution et à la commercialisation du livret A.
Pourtant, au travers de ces réformettes en vrac, une mesure était réellement de nature à moderniser toute l’économie : la réduction des délais de paiement.

Toutefois en ne prévoyant pas de période de transition imposée mais seulement la possibilité d’y déroger, le gouvernement a fait preuve d’un rare cynisme et nous a pris pour des cons. Le sommes-nous ?
Pour autant que je me souvienne, lors de l’institution de la 5e semaine de congés, de l’instauration de la CSG ou de l’entrée en vigueur de la loi sur les 35heures, le gouvernement n’avait pas donné aux organisations patronales le loisir de négocier des dérogations.
La dérogation à la LME c’est comme les grèves de lycéens, tout le monde s’en cogne.
S’il y avait de l’avoine à la clé pour le fisc ou les salariés, çà n’aurait pas été la même musique.
Si encore les accords de dérogations avaient été établis dans l’optique d’assurer une transition la plus rapide possible, mais là, à peu de chose près, çà commence par « d’abord on ne change rien » puis çà continue par « on fait durer tellement qu’il se passera bien quelque chose qui réduira tout à néant ». J’espère me tromper mais on ne fait pas le bonheur des gens contre leur gré.

Combien ont envoyé à leurs clients un courrier pour leur demander de se mettre en conformité avec la LME et à leurs fournisseurs un courrier pour revendiquer le bénéfice de l’accord dérogatoire ?
Ceux qui s’inquiètent des dérives de notre société peuvent être rassurés : 2000 ans plus tard nous sommes toujours des gaulois.
C’est déprimant ?non ?

Alors je finirai sur une vraie touche optimiste.

C’est l’histoire de trois grenouilles qui se baignent dans une jatte de lait et ne peuvent s’empêcher de la boire complètement.
Devenues trop lourdes, elles ont du mal à sauter assez haut pour échapper au piège.

Arrive alors une quatrième grenouille qui leur explique longuement, maints exemples à l’appui, pourquoi elles n’y arriveront jamais (cette grenouille doit travailler pour les médias).

Découragés par ce discours, les deux premières abandonnent la partie. La troisième prend alors son élan et parvient à s’enfuir.

Sa chance ? Elle était sourde !!

Pour 2009 je vous souhaite d’être sourds et d’atteindre ainsi vos objectifs.

Votre serviteur,
JF SANS