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Billet d'humeur (Mars 2007)

                      RAS-LE-BOL !!!!



En ma qualité nouvelle de président de GLASSALIA, jamais je ne prendrai, en son nom, de position qui ne serait pas celle de la majorité, et, même dans ce cas, je ne l’exposerai pas publiquement sans avoir été mandaté pour cela.

Certains gagneraient  à adopter le même devoir de réserve.

Seulement ici, je suis chez moi et mes propos n’engagent que leur auteur. Comme dirait l’autre: »C’est mon avis et je le partage »

Je ne me priverai donc pas de dénoncer les menées de ceux qui sous couvert d’intentions honorables pourrissent inutilement notre quotidien.

En lisant « VERRE PLAT » n°38 de Février, j’ai été scandalisé de l’article de Monsieur DOUARD s’exprimant apparemment au nom de la FFPV au sujet de la norme européenne EN1279.

Tout d’abord et en relation avec mon propos initial, je rappelle que la FFPV est une fédération de professionnels du verre, or, que je sache, le groupe des transformateurs de la FFPV (dont je fais partie) n’a été saisi ni de cette initiative, ni de son contenu. 

Dès lors on comprend la désaffection d’une part importante des transformateurs verriers pour cette Fédération, qui ne les représente plus.
Qu’on ne se méprenne pas, je ne pars pas en guerre ni contre Olivier DOUARD que je tiens pour une personne sympathique et très compétente, ni contre la FFPV, dont le travail par ailleurs est indispensable et de grande qualité (*), mais contre la dérive du fonctionnement qui touche un grand nombre d’associations au fil des ans. CEKAL lui-même n’y échappe pas.

L’histoire est toujours la même. Une association se forme généralement pour répondre à un besoin précis. La mobilisation étant forte au début, les objectifs initiaux sont généralement atteints. Puis le groupement s’installe dans une relative routine. Par facilité, paresse ou lassitude, il délègue puis abandonne ses prérogatives aux instances permanentes qu’il a mis en place. Au fil du temps, l’association ne vit plus pour défendre les intérêts de ses membres, mais les siens. Cela se fait si insensiblement, que personne, ni d’un côté, ni de l’autre, ne réalise véritablement cette dérive. Nous y participons tous comme s’il s’agissait d’une fatalité, et ce, jusqu’au stade ultime où apparaît l’antagonisme.
 
Pour éviter cela, il n’y a pas cinquante solutions ! Nous devons rester mobilisés, faire tourner les responsabilités pour éviter l’usure, imposer le respect des procédures pour que les décisions ne se prennent pas à notre insu. Mais la condition nécessaire est l’implication active de tous car payer une cotisation n’est pas suffisant ! Il faut garder à l’esprit que le vote nous appartient, et que nos cotisations rémunèrent les instances qui doivent mettre en application
nos décisions.
Il ne faut voir dans mon propos aucune attaque personnelle, nous sommes collectivement responsables de cet état de fait. Soyons cependant convaincus qu’il n’est pas inéluctable.

Voilà pour ce qui est de la forme. Venons en maintenant au fond, pour que je puisse poussez un grand coup de gueule !
Quand arrêtera-t-on de mener en France des combats d’arrière-garde ? Sommes-nous à ce point atteints du sentiment de supériorité ou ne faut-il pas plutôt y voir la résurgence des vieux démons du protectionnisme.
Une commission d’experts européens a élaboré l’EN1279 à force de compromis pour tous les pays participants. Chacun s’y conforme, sauf la France, qui cherche par tous les moyens, à maintenir ses particularismes.   
Au diable les exceptions françaises !!

Ce que je trouve scandaleux dans cet article, pour l’européen convaincu que je suis, c’est qu’il tend à accréditer la thèse selon laquelle l’EN1279 ne serait pas de nature à garantir la qualité des produits en circulation. Cette position n’est pas seulement anti-communautaire, elle est inexacte. Qui mieux que nous, professionnels du vitrage isolant, est à même de juger de la réelle qualité des produits que nous fabriquons au quotidien. Tous les essais positifs sur des éprouvettes réalisées à cet effet ne remplaceront jamais un contrôle rigoureux et continu de nos fabrications. Or, de ce point de vue, après avoir mis en place les quelques ajustements de procédure pour passer du Cahier des charges CEKAL aux spécifications de la norme européenne, nous savons que cette dernière n’est en rien plus laxiste, au contraire.

Certes, la certification CEKAL impose un essai plus qualifiant en terme d’exposition aux UV, cela ne veut pas dire que celui de la norme européenne est nécessairement insuffisant.

Alors, on nous sort cette théorie très récente selon laquelle les vitrages isolants en feuillure seraient soumis aux UV comme s’il n’étaient pas protégés, théorie rejetée par tous nos partenaires européens, mais comme chacun sait :c’est nous qu’on est les plus forts.

Et l’article poursuit sa démonstration en rassurant le lecteur non seulement sur le fait que nous avons trouvé par le biais du DTU39 la parade à cette norme dont le profane aura compris à ce stade qu’elle ne valait pas mieux que de la merde, mais aussi sur notre indéfectible attachement aux règles communautaires car c’est par la référence à une autre norme européenne l’EN15434 que nous continuerons à fabriquer de meilleurs vitrages que les autres. Foutaises !!!!
Ce que ne dit pas l’article, c’est que la norme en question concerne les produits de scellement utilisés pour les vitrages extérieurs collés et/ou pour les vitrages isolants à bords exposés. C’est donc du détournement de norme, bref de la bidouille. Il évoque à peine le fait que cette méthodologie n’est pas adaptable au scellement thermo- fusible, et passe carrément sous silence le fait qu’elle disqualifie plusieurs polyuréthanes et polysulfures, produits utilisés largement et sans problème depuis des décennies. On sera néanmoins ravi d’apprendre que pour les silicones, tout va bien, et pour cause. Tout cela n’est pas très sérieux !

Lors de l’AG de CEKAL du 4 Avril 2006, les membres certifiés dans les produits concernés avaient fait part de leur désapprobation vis-à-vis de cette position discriminante et donc inacceptable, que faisant droit à leur requête la dite Assemblée Générale  avait mandaté son président afin qu’il attire l’attention du BNTEC  sur nos réserves quant à l’application de l’EN15434 aux vitrages mis en œuvre en feuillure, ce qui fut fait.
Que le BNTEC (organisme chargé de la révision du DTU) n’ait pas, à ce jour, vraiment tenu compte de cet avertissement est déjà étonnant compte tenu de la qualité de ces membres, à moins qu’il n’attende le résultat des essais comparatifs réalisés au CEBTP pour se positionner.
Mais ce qui me met en colère, c’est que la FFPV, sensée nous représenter, affirme une position qui n’est pas forcément celle de ses membres.

Le plus insupportable, c’est que tout cela revient à nous considérer comme des incompétents, incapables d’assumer seul leurs responsabilités, et qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu. La règle est donc de multiplier les essais et les contrôles externes avec les coûts qui en découlent. Le poids de cette manne est tel qu’il n’est pas étonnant que tous ceux qui en vivent fassent de la résistance au changement.   

Or, ce que consacrent les normes européennes, au-delà des aspects techniques, c’est justement la responsabilité de l’entreprise, qui est en mesure d’attester elle-même qu’elle répond aux exigences de qualité tant sur le plan des caractéristiques du produit que sur celui des contrôles de production.
Cela suppose aussi un changement de philosophie de la part de nos clients. Il ne faudra sans doute plus qu’ils se contentent de recevoir les attestations de conformité, comme ils le faisaient avec le certificat CEKAL. Ces normes introduisent aussi une plus grande responsabilité de l’entreprise dans le choix de ses fournisseurs. C’est pourquoi il faut s’attendre dans un avenir proche à être audité directement par nos clients.
Les entreprises sérieuses n’ont rien à craindre de cette évolution. Quant aux fraudeurs, c’est le marché qui les disqualifiera.

Nous n’avons attendu ni CEKAL, ni les normes européennes, pour être convaincus que le développement de nos entreprises passe par une amélioration constante de la qualité.

On tente encore de nous effrayer avec le problème des assurances. C’est un faux problème. Là encore, nos performances parlent pour nous et si nous présentons un front uni nous n’aurons aucune peine à trouver des contrats adaptés. Sinon nous nous battrons pour que l’uniformisation n’entraîne pas d’inégalité et nous demanderons que la garantie pour ces vitrages soit abaissée à 5 ans.
A l’inverse, si la commission de révision des normes européennes rehausse le niveau de qualité en retenant des essais plus qualifiants, c’est tant mieux ! Nous nous y conformerons avec d’autant plus de satisfaction que la règle sera la même sur tout le marché européen.

En attendant, nous ne devons pas être soumis à deux référentiels différents car cela constitue des coûts supplémentaires qui pénalisent nos entreprises, principalement celles qui ont les productions les plus modestes.
Etant quotidiennement au contact du marché, on ne nous fera pas croire que des produits marqués CE et qui seront moins chers que les nôtres, ne seront pas vendus en France sous prétexte qu’ils n’ont pas le label CEKAL.

Ce sont nos emplois qui sont en danger, il serait bon que tous en soient conscients.

Aussi les transformateurs doivent refuser de se laisser manœuvrer, et ne pas accepter d’autres obligations que celles relevant soit de la stricte légalité, soit de leur bon vouloir.

A bon entendeur, salut.

(*) On pourra m’accuser de beaucoup de choses mais pas d’hypocrisie. Ces compliments ne sont pas des précautions épistolaires, mais bien le fond de ma pensée. Si j’estime avoir à faire à un vrai con, je le dirai tout aussi directement, d’ailleurs…mais je vous raconterai çà une autre fois.
J’en connais qui vont surveiller le site… Mais non, c’est une blague !!!